Mardi, le 14 février 2012.
Samedi dernier, après une semaine en Dominique, nous levions l’ancre pour accoster un ponton local pour avitailler en eau et en carburant. Ce dernier est en effet à moitié prix ici par rapport à La Martinique.
C’est un accostage délicat car la houle entre dans la baie et le ponton est très court, délabré et bourré d’aspérités susceptibles d’endommager gravement le navire.
Nous nous amarrons proprement et en une petite heure tout est terminé. Non sans nous être fait voler quelques euros par le boss ( pourtant très à l’aise financièrement) comme de coutume ici.
Ensuite vient la grande décision du jour : pars t on avec un ou deux ris dans la grand voile?
Le vent est de force petit 6, nous l’aurons de face ce qui, augmenté de la vitesse de Fleur de Lys ( 8 kts) en fera un petit 7. Il faudrait, sans hésiter une seconde naviguer avec deux ris dans la grand voile et sous trinquette. Mais, très paresseux je choisis un seul ri dans la grand voile et génois arisé.
Nous voilà donc sous voile dans cette configuration lorsque, une fois la pointe de l’île dépassée et donc sans protection, je me rends compte ( mais je le savais déjà) de mon erreur. Trop toilé, nous sommes à la limite de la perte de contrôle et terriblement malmenés par une mer de 3 mètres de face. Je suis fou de rage contre…….moi même, car maintenant q’au lieu de diminuer la voilure avant de partir bien protégés dans la baie, nous voici obligés de jouer les acrobates dans une mer forte et un vent fort également. Il nous faudra 5 bonnes minutes d’un combat pas gagné d’avance pour redevenir les maîtres de la situation. ‘Pas gagné d’avance’ car arriser deux voiles dans ces conditions est toujours une aventure risquant soit de nous blesser gravement soit de déchirer de la toile.
Une fois cette corvée accomplie, le voilier est très agréable à barrer et il file 8 kts au près serré face aux vagues et ensuite travers de celles-ci dans une mer d’autant plus forte que nous aurons d’importants grains une heure durant. Nous avons 60 milles à parcourir afin de rejoindre Fort de France en Martinique.
Après quelques heures la mer se calme de plus en plus car notre destination nous offre sa protection. Le vent heureusement ne faiblit que légèrement et nous arriverons à notre mouillage en aillant passé une très bonne journée de voile pure. Bon nous sommes un peu couverts de bleus comme il se doit lorsque on va vite dans une grosse mer de face au près serré…….mais quel bonheur.
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