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Monthly Archives: août 2011

Navigations sur ” Fleur de Lys”

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Nous voici à Grenade.

 

Samedi 13 août, vers midi nous quittions La Martinique pour parcourir les 170 milles marins qui nous séparaient de St Georges, capitale de l’île de Grenade.

La météo était prévue calme avec un vent de l’est nord est de 15 kts. Il devait lever une mer d’1m50, calme donc.

         Les prévisions étaient exactes et c’est vent travers arrière que nous parcourons les premiers 25 milles qui nous mènent travers de Sainte Lucie. Malheureusement, comme prévu également, le vent y cesse toute activité. Ne voulant à aucun prix effectuer des dizaines de milles au moteur, nous décidons de nous arrêter là et de ne repartir que dimanche matin, date à laquelle le vent sera définitivement établi.

 

         Bien nous en a pris car Éole ne se manifestera pas avant dimanche matin, en effet.

Ce dimanche 14 donc, nous levons l’ancre en espérant rejoindre notre destination d’une traite.

         Le temps passe très vite en voilier. Chaque heure voit notre trajet diminuer de 6 ou 7 milles, et le soir, malgré un courant de 1 kts dans le nez  nous avons déjà voilé plus de 100 nautiques depuis notre départ du port martiniquais du Marin. Mais il en reste encore cent car le courant cité plus haut va rallonger notre route d’une trentaine de milles.

 

         La  nuit tombe. La saison de charter, qui parsème la mer de petits feux de positons la nuit et d’une nuée de catamarans le jour est terminée et nous y sommes seuls. L’île de st Vincent est derrière nous et nous apercevons les lumières des Grenadines sur notre gauche. Au radar nous nous voyons entourés par de multiples et gros grains. Nous prenons un Ris dans la grand voile en prévision.

Mais nous serons chanceux ; Nous les verrons passer à gauche, devant derrière, à droite……mais aucun ne nous influencera.

        

         Véronique et moi nous relayons toutes les deux heures pour surveiller la marche de « Fleur de Lys «  et l’aube pointant son nez nous apercevons La Grenade à quelques milles. Nous y planterons notre ancre début de matinée.

 

         C’est une île magnifique. Les guides disent que si il ne faut en visiter qu’une sur toutes les Antilles, c’est celle là ; Et ils ont raison.

Les côtes, très découpées, ressemblent au Finistère mais le soleil en plus et la pluie en moins.

Les fonds y sont aussi dangereux et non accores. Il est donc indispensable d’y naviguer avec une très bonne carte et de très bons yeux d’autant que le balisage est inexistant.

 

         A l’heure ou j’écris ces lignes nous en sommes encore en phase d’exploration. Je ne manquerai pas de décrire cette région en détails dans quelques jours.

 

O

 

Navigations sur Fleur de Lys

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Le tour des Yoles rondes de Martinique : une institution .

 

    Nous quittons la Martinique dans quelques jours. Mais, avant de partir nous aurons eu un dernier spectacle plutôt inédit.

 

     Chaque année en effet, une compétition autour de l’île rassemble une grosse quinzaine de yoles rondes …  Ce sont des embarcations d’une quinzaine de mètres de long, montées par plus d’une douzaine d’équipiers tous très costauds, non quillées ni lestées et propulsées par une seule voile carrée de près de 70m² en fonction du vent annoncé. Pas de gouvernail pour les diriger, mais une godille.

Ces embarcations dépendent donc d’une équipe de yoleurs et de soutien au «sol ».

 

     Ces équipes vont donc s’affronter durant une semaine avec chaque jour une étape de quelques heures afin de parcourir toute la circonférence de l’île.

 

Voilà pour la compétition.

 

Ensuite viennent les supporters……..

 

            Ils sont des dizaines de milliers à assister aux départs ou aux arrivées. Ils ont leurs favoris et s’entassent aux étapes dans les villages aménagés pour l’occasion en immenses foires où l’on peut boire et manger. 

 

Et puis viennent les bateaux suiveurs…….

 

            Ils sont près de 300……..Catamarans, voiliers et surtout embarcations à moteur remplies souvent de deux ou trois dizaines de supporters.

Ils suivent à la culotte les premiers.

Ils quittent la course dès que ceux-ci sont arrivés sans attendre que la dizaine d’autres concurrents terminent l’étape.       

 

Et puis viennent Fleur de Lys  et son équipage ……

 

            Désirant assister au passage de la course, et méfiants sur les aptitudes de marins des embarcations suiveuses, nous attendions le passage des yoles dans une baie jouxtant             l’arrivée de l’étape «  Fort de France / Anses d’Arlet ». Nous n’avons pas été déçus.

 

            A l’horizon passent les trois premières yoles entourées de plusieurs dizaines d’embarcations. Ils prennent sur la gauche pour entrer dans l’anse d’arrivée. Et soudain……..Une, non, des nuées de bateaux arrivent à toute vapeur vers nous. La mer est totalement couverte d’embarcations. Nous sommes secoués par des vagues énormes alors que le plan d’eau était totalement plat. Les martiens débarquent…….

            Dans un vacarme assourdissant, musique à fond, dansant et buvant plus que de raison, les passagers de ces esquifs demandent à s’approcher le plus possible de la plage pour pouvoir y débarquer……Et danser.

 

     Ils se trémousseront, sur du zouk jusque 4h00 du matin. Ensuite, dodo car à 10h00 le départ de la course les forcera à se lever pour tenter d’y assister.

 

     Pour ceux qui ne peuvent se déplacer la radio internationale locale paliera au fait.

     Presque toute la journée ce ne sont qu’émissions spéciales. Interview des participants, des supporters et des maires des communes accueillant les étapes.

L’un de ces derniers, emporté par son élan de sympathie et par un excès de rhum requalifiera d’ailleurs la modeste compétition locale en Championnat du monde des yoles rondes.