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Monthly Archives: février 2011

Navigations sur ” Fleur de Lys”

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Sainte Lucie : suite

     Hier matin, vendredi, nous quittions provisoirement Sainte Lucie non sans avoir fait une très belle promenade sur la bien nommée « ile aux pigeons ».

Bien nommée non pas à cause du nombre élevé de ces volatiles ; mais à la pléthore de gogos qui paient pour s’y voir proposer des activités alléchantes sur prospectus mais dont la réalisation va être vraiment décevante. Nous débarquions à l’aube, avant les heures de collecte de fonds, afin de grimper tranquilles jusqu’au sommet de la colline sur laquelle est perché un ancien fort.

Vous allez penser que je suis très sévère sur cette île. Mais vraiment, tout ce qui compte ici est votre argent. Et ce ne serait rien si lorsque vous payez vous en avez pour la dépense ; Mais non : vous payez trop cher pour le service rendu, beaucoup trop cher.

Nous y avons fait quelques belles rencontres, mais aussi nous y avons été victimes du racisme le plus primaire. Et le racisme est imbuvable dans toutes les couleurs.

     Nous voici donc de retour à La Martinique . Ce retour fut, comme nous le pensions, difficile à souhait.

Mer de face avec vagues très courtes de deux mètres, vent de 25 à 30 kts debout….tous les ingrédients d’une navigation fatigante mais exaltante.

     A dix heures nous entamons cette dernière. Sous trinquette et grand voile à deux ris nous passons étonnamment bien les courtes et abruptes vagues. Fleur de Lys avance à plus de six kts…..génial car nous sommes à 48 degrés du vent réel.

 Juste avant de larguer les amarres  nous avons largué les deux cents litres d’eau potable qui se trouvent dans le réservoir de proue. Ceci afin d’éviter que le bateau ne tangue de trop. Résultat impeccable ; nous ne tapons pas.

Régulièrement, par contre, nous prenons une déferlante par le travers et  nous sommes aspergés d’eau et donc trempés.

Mais bon, c’est de la voile. J’ai décidé de ne faire que quelques secondes de moteur pour l’ancrage et donc d’arriver jusque dans la Rodney Baie à la voile malgré les vents contraires. Pour y arriver en triant un minimum de bords,  nous tentons d’imaginer  à l’avance à quel moment le vent risque de refuser ou au contraire d’adonner…..

     Finalement, après 4 heures de remontée   nous atteignons notre objectif. Nous n’avons navigué qu’à la voile et c’est vraiment très motivant d’arriver   sur un voilier à une destination sans avoir fait tourner les hélices.

 

Dernières nouvelles du voilier la ” Fleur de Lys”

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Sainte Lucie

 

     Je vous écris, ce soir, depuis la baie de Castries. Capitale de l’île, l’ambiance du vendredi soir y est d’enfer. Ils appellent cela les Friday night………….

En réalité la musique est à fond sur tous les points cardinaux. Et nous, mouillés à cent mètre du centre ville nous en profitons totalement ; Le problème, léger mais réel, est que ce n’est pas la même musique partout autour de nous…..ce qui nous oblige à subir une cacophonie indescriptible. Jamais, de ma vie, je n’ai entendu rien de tel. Dépaysement garanti.

Avant de nous rendre ici nous sommes restés quelques jours dans la baie de Marigot.

Laissez moi tenter de vous raconter.

Marigot baie…….le piège à touristes trop niais.

Le paysage y est magnifique……mais à plusieurs milles de l’entrée vous vous faites harponner par des barques à moteur qui vous demandent de les suivre jusqu’à la marina. Le ton employé donne à penser qu’il n’y a pas d’autre solution que d’y aller et qu’il n’est pas possible de s’ancrer dans cette anse .

Prudent, je refuse l’offre et évidemment trouve immédiatement un magnifique mouillage ou nous resterons trois jours.

     Pas besoin de lecture pour ces journées là. En effet, nous voyons passer un défilé de voiliers de location dont l’équipage a toujours la particularité d’être couleur fromage trop blanc….( comme nous il y a quelques mois, somme toutes) et qui se sont faits avoir. Ils logeront dans la marina, beaucoup trop chère, cela va sans dire, au lieu de profiter des magnifiques mouillages.

 

Navigations sur Fleur de Lys : Le 11 février 2011.

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     Ce vendredi matin nous changeons d’île et de  pays.

 En effet, dès 10h00 nous larguons les aussières pour nous rendre à Sainte Lucie, Ile au sud à 25 milles marins d’ici. Le ciel est bleu traversé par un grain de temps à autre.

Le vent est établi à l’est soufflant entre 20 et 30 kts. Le mer elle, est forte et puissante avec des vagues de 3 à 4 mètres et plus.

     Dès que nous quittons la protection de la côte au vent, le carrousel commence. Nous sommes secoués et trempés au gré des vagues qui nous arrivent par le travers. L’océan est magnifique et indomptable. Nous sommes comme des lilliputiens funambules . Le voilier se trouve au bas d’une montagne liquide à gravir. Nous doutons de sa capacité à l’escalader. Nous nous abritons le mieux possible dans le cockpit pour ne pas être projetés à l’extérieur et trempés.

     Mais Fleur de Lys ne se laisse pas submerger, elle grimpe courageusement et atteint le sommet. Durant l’ascension  nous sentons la force gravitationnelle qui nous fait sentir plus lourds que notre poids. Tout à coup l’horizon s’ouvre devant nous. Nous sommes quatre ou cinq mètres plus hauts qu’il y a quelques secondes . Et là, sous nos yeux,  se creuse l’abîme dans lequel le voilier va basculer.

L’instant avant la chute ne dure pas, nous naviguons à plus de 9 kts. Nous basculons et dans la descente l’accélération due à la gravité nous fait atteindre 12 kts.

     Ce sont des moments incroyables qui ne s’oublient pas. C’est de la voile pure.

     En moins de quatre heures nous effacerons les 30 milles à parcourir en tout. L’arrivée à Rodney Bay, dans le  nord de Ste Lucie ne pose pas de problème particulier.  L’ile est magnifique et nous avons l’impression d’accoster un décor de cinéma.

 

O

 

Dernières nouvelles de Fleur de Lys + entendu sur les ondes….

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Dimanche le 06 février 2011

     Depuis deux nuits nous sommes ancrés un peu plus bas que Fort  de France dans une baie appelée Grand Anse.

     Nous n’y sommes pas seuls mais la baie est grande et s’ouvre vers la mer des caraïbes. Les journées s’écoulent doucement sous un ciel principalement bleu et dans une chaleur de 30°. Nous sommes ancrés très en arrière des autres voiliers et bénéficions donc d’une paix royale.

     L’après midi nous partons plonger un peu à l’écart avec notre annexe. Nous y grimpons tout équipés tandis que Christophe nous conduit à l’endroit choisi.

 Ensuite, il patrouille en surface, surveille nos bulles et se déplace pour être à portée en cas de besoin. Les fonds marins sont aussi beaux qu’en Egypte et la température de l’eau est de 27°c. Elle est plus chaude qu’en mer rouge à la même époque.

Le soir nous lisons ou écoutons la radio. Nous profitons également de la nuit tombée pour rire des situations comiques rencontrées la journée.

Et pour vous je vais en relater quelques unes.

Entendu à la radio VHF sur le canal du port.

Guy : Chantale Chantale pour Guy. ( Chantale est la secrétaire du port tandis que Guy travaille sur les pontons à placer les navires).

………..pas de réponse de chantale.

Une minute plus tard.

Guy : Chantale pour Guy.

Chantale : Ouiiiiiii Guy mais si je ne te réponds pas s’est que je suis occupée, c’est pas la peine de m’appeler à tout bout de champs…….

Guy : Heu tu sais Chantal je ne t’ai appelée que une fois………

Robert : ( robert est le troisième larron qui travaille aussi sur les pontons)

Heeuuuuu restons cools les gars.

Guy : Ben on cool

Chantal : Non Guy, t’es pas cool…….

Etc etc etc …………………… ;nous nous en rions encore.

Entendu  à la VHF hier soir sur le canal 16

     La SNSM est en route pour dépanner un navire à moteur qui a mis de l’essence au lieu du diesel.

SNSM : Le CROSS      le CROSS     pour la vedette « XXXXXXXX »

……………pas de réponse.

SNSM  CROSS CROSS pour XXXX

………….Pas de réponse

SNSM : Put… de mer… vous répondez parfois mer…. De pu…. Censuré……

Le cross : XXXX je vous reçois 5 sur 5…………..

 

Navigations sur Fleur de Lys la Transat

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 Transat : Episode 3

Jeudi, le 30 décembre

     Nous sommes seuls.  Et cette fois, mais nous ne le savons pas encore, nous le resterons jusqu’à l’arrivée.

Trois heures de quart suivies par six heures de repos. Six heures de repos et vlan de nouveau trois heures de quart.

Trois heures de quart ne paraissent rien. Mais quand elles vous dégringolent dessus, par le biais du réveil  à 1 heure du matin c’est vraiment très dur.

Par contre, personnellement j’aime la nuit . Le navire, paisible, semble fendre les flots comme un fantôme, le ciel, à condition que la lune dorme est magnifique. La voute étoilée est impressionnante de luminosité.

 

Vendredi, le 31 décembre 2010

 

     Toujours personne en vue. Ce soir nous fêterons le nouvel an en mer…….en très haute mer. 

Nous sommes à presque mille kilomètres des côtes du Cap Vert et en réalité il serait impossible d’y retourner contre la mer et le vent.  Devant nous il reste plus de trois milles kilomètres à parcourir. C’est vertigineux de penser que nous n’avons aucune autre solution que de continuer. Quoi qu’il arrive nous devons voguer vers l’ouest . Le voilier doit être suffisamment bien soigné que pour tenir sans avarie majeure.

Nous ne veillerons pas cette nuit . Nous nous souhaiterons la bonne année en nous croisant dans les coursives lors des changements de quart.

 

Samedi et dimanche 1er et 2 janvier 2011 

 

     La navigation continue. Pour la rendre plus confortable nous tirons des bords de vent arrière. 20 degrés vers le sud durant une dizaine d’heures suivis de 20 degrés vers le nord .

Notre vrai cap est donc 250° et ensuite 290°alors que le cap idéal est au 267°.

 La route en sera un petit peu rallongée, mais le voilier roule moins et le pilote automatique est moins sollicité. Nos voiles, en ciseaux nous font ressembler à un papillon. En fait, nous sommes une poussière sur la mer. Rien.

     Nous appelons nos collègues, le voilier « Ckool ». Ils vont quitter Mindelo le 4 Janvier. Ces appels, par iridium sont vraiment spéciaux. La voix du correspondant semble parfois très proche, alors que le signal, par satellite ; parcourt des millier de kilomètres avant d’arriver.

 

Lundi et mardi 3 et 4 janvier 2011.

 

Les vents se renforcent. Ils étaient de force 5 ils atteignent force 6 à présent. La houle est plus rapide que nous. Elle nous dépasse à près de 15 kts. Parfois je me demande comment le voilier va étaler cette montagne qui nous arrive par l’arrière. Mais FDL monte gentiment et jamais l’eau n’est entrée dans le cockpit.

Mais c’est impressionnant. Surtout lorsque une houle secondaire, de travers, vient frapper la coque de toute sa force. A cet instant , il arrive que le navire dérape de l’arrière et se couche un peu. Il ralentit déventé par la gîte, puis se redresse et ré accélère .

Lorsque ce phénomène se produit alors que,  dans votre couchette ,vous tentez de vous reposer, vous cherchez urgemment où vous tenir pour ne pas glisser et vous faire mal.

 

Mercredi et Jeudi 5 et 6 janvier 2011

     Ca y est, nos amis CKOOL ont quitté le cap vert. Leur routeur nous a envoyé un message par téléphone satellite : c’est fait. Ils ont largué les amarres mardi dernier. A présent nous sommes poursuivis.

La suite dans la partie 4