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Monthly Archives: décembre 2010

Aventures sur la ” Fleur de Lys ” le 23 décembre 2010

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   Le Jeudi 23 décembre 2010,  

    

 

     Vous n’êtes pas à Mindelo ? Vous avez tort car nous venons d’y donner une représentation gratuite.

     Vers 14h00 je décide de refaire les pleins de mazout au ponton ad hoc. Nous y voici amarrés et le transvasement peut commencer ; En dix minutes c’est expédié. Il reste à payer. Je m’empare de ma carte de crédit et enjambe les filières pour me rendre sur le ponton lorsque cette dernière s’échappe de mes mains, fait un triple saut périlleux au dessus du dit ponton, semble hésiter un instant pour finir, dans un splitch ridicule par tomber à l’eau. Christophe  tente de la rattraper…..trop tard, elle sonde aussi vite qu’un cachalot. Air navré de l’équipage mais encore plus de la préposée au carburant qui en plus se demande comment je vais pourvoir régler à présent les deux cents euros dus.

     Véro se déguise immédiatement en apnéiste et tente de retrouver le sésame bleu. A la troisième plongée, essoufflée, elle décide de retenter le coup avec nos bouteilles. En quelques secondes elle est déguisée en scaphandrière et disparaît dans les flots gris du port. Elle en remontera un seau, une chainette en argent ( que nous offrirons à la pompiste), un clavier d’ordinateur ( qwerty) et divers objets inutiles qui ne manquent pas de mettre les nerfs des terriens qui attendent à bout.

     Finalement, alors que je désespérais, après un quart d’heure elle revient avec notre carte bleue. Ouf….

Tout le monde est de bonne humeur, surtout la pompiste qui a une belle histoire a raconter à ses enfants et un nouveau bracelet.

O

 

Navigations sur la ” Fleur de Lys” : Le 20 décembre 2010.

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Vendredi 10 décembre 2010.

1 er jour.

     Départ en fanfare de la marina de Santa Cruz de la Palma. En effet, vu le gros temps de ces derniers jours, le voilier était emprisonné d’amarres et décoré de défenses.

Une heure avant le départ, vu le calme plat depuis le matin, je simplifie l’amarrage et enlève toutes ces défenses, que nous n’aurons plus besoin avant le cap vert.

     Et voilà, tout le monde nous regarde, les amarres sont juste larguées quand une énorme rafale de vent, pourtant absent jusque là, nous jette de l’autre côté du ponton……pas de dégâts mais très vexant. C’est la façon dont cette magnifique île a décidé de nous saluer.

Nous voici en mer. C’est le début de la transat.  Il est midi juste et nous nous retrouvons avec un vent de face de 25 kts, une mer de face de 3 mètres et un cap à passer.

Ce sera un combat de 5 heures dont nous viendrons à bout avec soulagement. Au passage nous pêchons une petite bonite.

Le vent tombe et à la nuit tombante nous poursuivons au moteur. Les quarts se mettent en place, nous sommes heureux d’avoir repris notre chemin.

Samedi 11 décembre,

    Second jour. La nuit sera sèche mais Eole restera aux abonnés absents. Nous poursuivons notre route vers le sud. Au petit matin nous pêchons une superbe dorade coryphène qui retombera à l’eau juste au moment ou nous allions la hisser à bord. Zut.

Dimanche 12 décembre

     Le vent est toujours aussi faible et nous n’avons pas assez de carburant pour rejoindre le Cap Vert au moteur. Heureusement, vers dix heures nous avons pu gréer le spi. Ce sera sous cette configuration que nous naviguerons jusque 17h00. Après avoir allumé le moteur nous prenons une autre superbe dorade coryphène. Celle là ne retombera pas à l’eau…..dommage pour elle.

Le temps est clément, la mer raisonnablement houleuse. Dommage qu’il nous manque 5 kts de souffle pour pouvoir effectuer cette navigation dans des conditions confortables. Une fois de plus  nous sommes confrontés à des vents très capricieux. Trop forts ou trop faibles…quelle galère. Par contre premier dauphins vus ce jour.  

Lundi 13 décembre 2010.

     Toute la nuit dernière au moteur avec un faux espoir vers minuit. En effet,  Véronique vient me chercher : « il y a du vent tu viens m’aider ?     J’arrive pour établir la voilure par un bon force 5…….une grosse demi heure de boulot. Et à peine tout en place : bruit infernal…….les voiles battent sans vent……..on affale tout et je vais me recoucher découragé et furieux.

Toute la matinée nous ferons des essais de voilure……impossible de tenir de la toile. Trop peu de vent et trop de houle. Nous utilisons donc le moteur dont la quantité de carburant disponible baisse en me causant quelques soucis.

Dans tous les cas, nous n’en avons  pour rallier notre destination au moteur. Si le vent ne se lève pas  nous finirons ballottés dans tous les sens jusqu’à ce que les conditions  redeviennent favorables à un voilier.

     Vers 14h00 enfin, nous voilà sous voile. Et le spectacle devient magique. Une grande famille de dauphins nous accompagne durant presque une heure nous rassasiant de ses sauts et accélérations. Moment toujours très émouvant que d’observer en étant observé. Fin d’après midi, Eole se renforce un peu et nous commençons à accélérer. Nus affalons le spi que nous remplaçons par le génois et la grand voile à un ris. Jusque minuit Il  reste relativement soutenu.

     Ces nuits de quart sont vraiment spéciaux., Mais la fatigue donne froid. Nous effectuons donc la surveillance de nuit habillé comme en plein hiver.

Mardi 14 décembre.

     Nous avons gardé la toile toute la nuit. Ce matin, par contre le vent a faibli et nous sommes avec les voiles ET le moteur.

J’ai effectué de savants calculs de consommations : Nous devrions avoir assez de carburant pour arriver même si le vent ne se lève plus. Ouf……..

Il faut dire que nous marchons à l’économie avec le moteur presque au ralenti.

A présent la nuit tombe doucement. La mer est plate, nous tirons deux lignes de pêche. Sans succès aujourd’hui.

Mercredi 15 décembre

Encore une magnifique dorade de 10 kilos. Journée de vent calme mais suffisant pour faire de la voile. Nous arriverons vendredi matin.

Jeudi et vendredi 16 et 17 décembre,

     La route se poursuit toujours avec très peu d’air voir pas d’air du tout. Nous faisons des moyennes de 120 miles par jour sous la condition d’effectuer un maximum de manœuvre avec les voiles à chaque fois qu’un souffle apparait. C’est épuisant pour les nerfs et pour les muscles . Nous sommes très courbaturés. Néanmoins c’est une chouette traversée. La transatlantique a vraiment commencé.

En fin d’après midi nous ralentissons volontairement afin d’arriver à Sal à l’aube et non de nuit. J’ai décidé d’atterrir à 9h00  et je régule donc la vitesse du voilier en fonction de cet objectif.

La nuit sera paisible. Vers quatre heures, lors de mon quart, je m’aperçois que nous sommes suivis par deux sillages phosphorescents. Ce sont des dauphins qui nous accompagnent et dont la nage fait s’éclairer le plancton. Spectacle magnifique que je n’oublierai jamais. s

Vendredi, vers 8h30 nous arrivons dans la rade de l’île de Sal. Moment incroyable . Nous sommes en transat en très haute mer sur une des îles de l’archipel du Cap Vert.  C’est dans une ambiance africo-portugaise que nous descendons à terre avec notre annexe pour les formalités. Extrêmement dépaysant. Ces dernières seront effectuées en une heure à l’immigration avec un fonctionnaire au port altier et parlant français. Ensuite nous nous rendrons à la police pour les passeports. Dans un bureau vide et en regardant un match de foot nous recevrons, contre un euro, la tampon ad hoc.

     Nous y sommes. Ce petit bout de transat s’est bien déroulé. Nous avons eu la chance d’observer la faune ainsi que des dizaines d’étoiles filantes.

Le système des quarts a vraiment bien fonctionné. Nous ne sommes absolument pas dans le «  rouge » et aurions sans problème pu tenir encore deux semaines en mer. Nous resterons sur ces îles une semaine environ.

 

PS : Nous n’avons pas, pour l’instant, une connexion internet nous permettant de mettre le site  jour.

Je pense que ce sera possible quelques jours avant le départ lorsque nous serons à Mindelo. J’imagine que ce sera mardi ou mercredi.

Nous contacter : voilierfleurdelys@live.be

Notre site internet avec photos, films et journal de bord : www.voilierfleurdelys.com

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Dernières nouvelles de la ” Fleur de Lys ” le 09 décembre 2010.

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     Jeudi, le 09 décembre 2010.

 

     Enfin, la situation, bien que mauvaise, semble  être suffisamment passable pour nous permettre de rejoindre le Cap Vert ; A défaut d’être favorable.

     Dans des conditions normales  nous naviguerions vers le sud grâce aux  «  alizés portugais » générés par l’anticyclone des Açores. Malheureusement ce dernier s’est trompé d’adresse et ne se trouvant pas là ou il devrait nous ferons  cap sous l’influence d’une dépression.

Demain, vendredi nous commencerons par une journée de près serré ou pire, de moteur. Samedi ce sera le moteur jusqu’à ce que, enfin, nous ayons des vents dans le dos presque jusque à l’arrivée.  Mais ce sont des vents générés par la dépression qui nous quitte, pas vraiment l’idéal donc.

     Fleur de Lys, dans ces amarres est presque prêt. Je dois avitailler en eau, enlever le maximum d’aussières superflues, vérifier que toutes les manœuvres sont claires, laver le pont à l’eau, etc etc etc.

     Pendant ce temps, mon adorable ado de fils, Christophe, refuse de partir se promener avec Véronique  sous prétexte qu’il est en retard dans ces maths………..ça il faut le voir pour le croire. Et encore, je le vois mais je ne le crois pas………..

     Demain nous larguerons donc les amarres. Ouf. Cela fait presque trois semaines que nous sommes prisonniers des canaries. Nous ne fêterons pas le nouvel an aux Antilles ; Nous serons en mer.

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Dernières nouvelles de Fleur de Lys : Le 02 décembre 2010

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Jeudi, le 02 décembre 2010.

     C’est confortablement installé dans la toute nouvelle marina de Santa Cruz de La Palma que je vous écris ces lignes.

En effet, l’absence de l’anticyclone des Acores nous empêche d’entamer la descente vers le Cap Vert car les vents sont contraires ou pire, absents.

En «  grand voyage » il faut savoir se montrer patient ( très). Cela dit, cette île est de loin la plus belle et authentique et il y a pire endroit pour patienter.

     Avant-hier matin il m’est arrivé une aventure très comique.

     Aux alentours de 9h00 je constate qu’un couple de touristes (allemands) promène leur magnifique et très cher chien de pure race ( un braque de Weimar) le long des quais. Le chien en profite pour faire du tourisme sur toutes les amarres du quai en les aspergeant copieusement de son urine.

Je commence à être furieux et demande aux promeneurs de ne pas laisser leur chien uriner sur nos nombreuse aussières. La réponse me laisse pantois puisqu’ils me disent que c’est normal que le chien urine……..et tant pis si c’est sur nos amarres.

D’un bond, je fais mine de monter sur le quai et menace de faire subir un sort définitif au magnifique animal si ils ne stoppent pas immédiatement son incontinence sur les dites aussières.

Et là le spectacle devient tragi comique ; Le mari, une soixantaine d’années, habillé magnifiquement genre baron autrichien, la pipe aux lèvres, fait rempart de son corps pour m’empêcher d’accéder au chien fautif tout en m’engueulant très copieusement dans la langue de Wagner.

Je commence à me demander comment tout cela va finir lorsque, dans un accès de postillons, sa magnifique et couteuse pipe choit dans la mer entre le voilier et le quai.

     Je ne peux, et je m’en excuse, m’empêcher de dire, dans un éclat de rire : «  C’est bien fait » . C’est alors que le fumeur se déshabille pour aller la rechercher lui-même. Magnifique scène que cet homme nu sur le quai qui descend pour rechercher l’objet de son vice.

L’histoire s’arrête à peu près là ; sauf que une fois qu’il s’est trouvé à l’eau, j’ai été chercher la gaffe pour l’aider à récupérer l’objet de sa convoitise. Et évidemment, je me suis fait copieusement insulter dans un langue que je ne parle pas.

Cela dit, ils sont repartis, vociférant et en tenant le chien en laisse. Le but était donc atteint.